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Nicolas Mathieu

Physiothérapeute

Président de l'Association Suisse de Physiothérapie du Sport ASPS (www.sportfisio.ch).
Professeur associé à la HES-SO Valais, filière physiothérapie de Loèche-les-Bains.

Quelques chiffres sur l’Association Suisse de Physiothérapie du Sport 

2002

fondation

488

membres

1

congrés annuel

450

participants

En 2015 organisation du 1er congrès mondial avec 800 participants représentant 45 pays, un grand succès. Un comité dynamique et motivé propose aux membres des services performants. 3-4 nouveaux membres par semaine. Succession en 2016 au Président-fondateur Stephan Meyer de Macolin.

Interview

NM (Nicolas Mathieu) / BP (Bernard Prébandier)

BP: Quel est le profil type du membre de Sportfisio?

NM: Le membre Sportfisio est d’abord physiothérapeute et bien sûr souvent aussi un sportif. Il est attiré par l’un ou les deux types d’activités principales : la physiothérapie du sport (on soigne un sportif) et le sport en physiothérapie, on propose au patient lambda d’effectuer du sport pour améliorer sa guérison et faire de la prévention. C’est similaire à un rôle de coach « sportif ».


Odoo CMS- Exemple d'image flottante

BP: Qu’en est-il de la collaboration avec le préparateur physique ?

NM: Cela dépend des qualifications du préparateur. Le préparateur s'occupe des athlètes à 100% de leurs capacités, le physio du sport s'occupe des sportifs blessés pour les ramener à ces 100%.


BP: Y-a-t-il des pressions de la part de la direction du club pour qu'un joueur joue même blessé ou pas tout à fait rétabli ?

NM: Les décisions se prennent de façon consensuelle entre tous les intéressés, le joueur en question aussi bien sûr. L’intégrité future du sportif est pris en considération et aussi sa reconversion. J’ai l’impression que depuis quelques années plus de bon sens et de professionnalisme se rencontrent dans les clubs professionnels.


BP : Si je dis doping, qu’est-ce que cela t’inspire ?

NM: C’est un sujet complexe, mais au niveau du sport de compétition j'ai confiance dans le fait que de l'athlète à l'entraîneur (ainsi que tout son entourage) on est un peu plus conscient des ravages et des conséquences sur l’avenir de la santé du sportif. Là aussi professionnalisme et responsabilité accrus sont de plus en plus positifs. Ce qui me préoccupe c'est surtout l'attitude dopante que l'on retrouve dans les sports de masse populaire où les athlètes du dimanche se dopent pour être meilleur que l’autre. C'est un vrai problème sociétal et je ne vois pas ce qu'on peut faire pour combattre ce fléau.


BP: Revenons aux physiothérapeutes. Quels sont les débouchés particuliers pour les physios du sport ?

NM: A part les activités traditionnelles on peut imaginer la direction d’un fitness couplé à un cabinet de physiothérapie ainsi que la participation à certaines recherches de terrain. N'oublions pas qu'en Suisse aucune qualification particulière n'est demandée pour ouvrir un fitness. Le fait d’être physio inspire, de par sa formation, à juste titre confiance. Pour celles ou ceux qui aiment la compétition la profession de préparateur physique peut être intéressante.


BP: Quittons le sport. Tu es professeur à la filière physiothérapie de la HES SO Valais à Loëche-les-Bains. Parle-nous en.

NM: Le site de formation en physiothérapie de Loèche-les-Bains fait partie de l'HES SO (Suisse occidentale) en l’occurrence une université des sciences appliquées qui regroupe deux autres sites : celui de Lausanne et de Genève. C'est la seule à dispenser un enseignement bilingue français-allemand.


BP: Quelles sont les critères d'entrée et quel est le parcours pour devenir physiothérapeute.

NM: Pour 120 places par an sur les 3 sites il y a environ 500 candidats qui doivent bénéficier d'un diplôme de deuxième degré (maturité, école de commerce, culture générale,…) ce qui fait des volées d’environ 40 élèves par site. Après 3 ans de formation en alternance (théorie-pratique), ils obtiennent un Bachelor of Science en physiothérapie. En fait ces études durent plutôt 4 ans car il y a un tronc commun avec d'autres professions para-médicales pendant la première année. Pendant les 3 années successives de formation, il y a des stages pratiques. Dès le diplôme obtenu, pour accéder à la pratique indépendante en physiothérapie, les critères se réfèrent aux lois cantonales en vigueur.


Odoo CMS- Exemple d'image flottante

BP: Il y a fort longtemps j'ai personnellement participé à l'accompagnement d'un grand nombre de physiothérapeutes (ils se reconnaîtront et je les salue bien...) désireux d'ouvrir un institut de physiothérapie. A priori mon job était de leur vendre le matériel de physiothérapie à l'époque beaucoup plus conséquent et coûteux qu'actuellement. Ces jeunes physios devenaient des entrepreneurs sans, pour la grande majorité, avoir aucune idée des règles et coutumes commerciales. Vu que mon intérêt était qu'ils ouvrent leur institut le plus rapidement possible je me muais en coach et les accompagnais parfois à la banque, à la gérance d'immeuble, sur les chantiers etc etc. Pour moi, fort jeune à l’époque, c'était une activité passionnante. Des décennies plus tard qu'en est-il ? La formation en physiothérapie a-t-elle comblé ces lacunes?

NM: Je ne connais pas la formation exacte des autres sites mais à priori non, avec pour exception le site de Loèche-les-Bains ! Depuis une dizaine d'années, sous l’impulsion de notre responsable filière, M. Cortat, nous proposons un cursus en la matière, abordant le management d’un cabinet, l’étude de marché, le businessplan (Budget, Break-event, crédit bancaire,…) et les aspects économiques de la création et la gestion d’un cabinet de physiothérapie. Les étudiants doivent présenter un projet de création et gestion d'une activité indépendante de physiothérapeute. Les plus originaux ont imaginé le projet d'un wagon CFF incorporant un institut de physiothérapie sur les grandes lignes suisses ou un compartiment physio sur les longs courriers aériens de Swiss ou encore un truck XXL mixte pour soigner les cavaliers et les chevaux lors des grandes manifestations hippiques.... Ces projets sont évalués par un professeur de la HES SO filière économie d’entreprise. Ce type de cursus me paraît essentiel afin de mieux développer les compétences et qualités entrepreneuriales.


BP: Il est prévu une pénurie de physiothérapeutes dans les années prochaines et chaque étudiant sortant de la filière physiothérapie du site de Loèche- les Bains se voit proposer 2 emplois à la fin de ces études. A part en milieu hospitalier ou privé quels sont les débouchés du métier de physio?

NM: Il y a la conduite ou la participation à certaines recherches cliniques, le coaching ou suivi en milieu sportif, les mandats auprès d’association sportive ou de sportif individuel, la préparation physique, la direction de centres fitness combinée à un cabinet, les Spas, le "Corporate Health" c'est à dire la promotion de la santé en entreprise ou auprès d’une population précise (seniors etc..), les conseils ergonomiques en entreprise, la vente spécialisée, etc.


BP: Voudrais-tu ajouter une réflexion sur le futur de la profession de physiothérapeute?

NM: Je suis de l'avis, à l’instar de ce qui se passe en Scandinavie et dans certains pays Anglos- Saxons, que l'on propose une formation de niveau Master et principalement pour les futurs physiothérapeutes indépendants. De plus, ceci nous permettrait à accéder enfin à l'accès direct aux patients, c'est -à-dire sans le passage obligatoire, pour les pathologies et traumatismes musculo-squelettiques chez un médecin pour une prescription médicale. D’autre part, il est nécessaire que les physiothérapeutes soient plus présents sur la scène politique cantonale et fédérale afin de mieux défendre et promouvoir la profession. En lobbying, il y a vraiment des carences et on peut faire mieux. Par exemple il n’y a aucun physiothérapeute parlementaire à Berne.


BP: As-tu d'autres activités en plus de ton métier d'enseignant et ta fonction bénévole et certainement chronophage de Président de Sportfisio?

NM: Je suis également physiothérapeute de l'équipe A nationale suisse de Football. Nous sommes un groupe de 4 physios et effectuons un tournus à 3 personnes match après match. Cela comprend bien sûr aussi les camps d'entraînement.


BP: Merci Nicolas de ces informations de grand intérêt. Nous proposons à nos lecteurs des liens que tu nous recommandes. Je pense qu'ils seront appréciés. Merci de ta disponibilité 

Sportfisio

site de l’Association Suisse de Physiothérapie du Sport

 Bjsm

Journal de médecine et physiothérapie du sport

 Jospt

Journal de médecine et physiothérapie du sport

Evimed

site de la médecine factuelle


Physio-pedia

site sur la pratique probante


Igptr

Groupe d’intérêt en physiothérapie pour la réhabilitation

Hevs

Haute école de santé du Valais