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Jean-Pierre Egger

Entraîneur, préparateur physique, professeur d’éducation physique, ancien athlète

Interview du mois - Jean-Pierre Egger

Palmarès:


Professeur d’éducation physique

Athlète: 5 x records de Suisse du lancer du poids, participation aux JO de 1976 et 1980
Entraîneur: Werner Günthör, Valérie Adams
Préparateur physique: Simon Amann, FC Grasshoppers, Olympique Marseille, Equipe de France de Basket, équipage d’Alinghi,etc.
A la clé plusieurs médailles olympiques et titres de champion du monde.


Considéré comme un des meilleurs entraîneurs de Suisse de tous les temps et parmi les meilleurs entraîneurs au niveau mondial.

Questions Bernard Prébandier BP
Réponses Jean-Pierre Egger JPE

Odoo CMS- Exemple d'image flottante

BP: Jean-Pierre, ton expérience de plus de 50 ans dans les domaines de l’enseignement de l’éducation physique, le sport de compétition en tant qu’athlète et la fonction d’entraîneur-préparateur physique au plus haut niveau font de toi un témoin unique et irremplaçable. J’aimerais que l’on commence par le commencement, le regard que tu portes en tant qu’enseignant d’éducation physique sur l’évolution de cette discipline.

JPE: Il y a eu plusieurs étapes. Au début de mon activité la « gym » était beaucoup calquée sur l’enseignement de la gymnastique traditionnelle et parfois paramilitaire, agrès etc. La période qui a suivi, années 70-80, inspirée certainement par l’évolution des mœurs, a mis en avant l’aspect ludique du sport, plus de liberté, plus de jeux, moins de sérieux à l’entraînement. Ensuite vu les résultats médiocres du sport suisse au niveau international on est revenu à plus de rigueur ce qui a entraîné une amélioration des performances.


BP: De nos jours le sport à l’école (éducation physique traditionnelle et mouvement en classe) est censé résoudre la carence d’opportunités qu’ont les jeunes de bouger, de se défouler pendant leur temps libre (nombreux interdits, craintes des parents par rapport à tous les risques possibles et inimaginables ). Dans la pratique on constate que s’il faut réduire les coûts de l’enseignement publique c’est souvent ce secteur qui passe à la trappe. Qu’en penses-tu ?

JPE: C’est un débat sans fin. Il est prouvé que l’activité physique augmentent les facultés intellectuelles d’apprentissage de l’enfant et plus tard permet aux adultes de vivre plus longtemps en bonne santé. C’est une heure d’activité physique par jour, diversifiée selon les enfants, qu’il faudrait appliquer. Nos universités forment de super professeurs d’EP. Et où les retrouvons-nous pour beaucoup ? Au niveau gymnasial, enseignant à des ados de 15-19 ans. Tout le monde sait que c’est entre 5 et 12 ans que tout se passe au niveau physiologique…C’est une vieille rengaine, on fait semblant de la comprendre pour l’oublier dès que les finances rosissent, c’est navrant.


BP: Bon, changeons de sujet…parlons du sport de compétition. Décrié par beaucoup : pourquoi vouloir aller plus vite, lancer plus loin, sauter plus haut etc., etc. Qu’ont-ils à prouver ces athlètes ? Quelle est ta position en tant qu’ancien athlète et actuel préparateur physique. Qu’est-ce qui vous motive ?

JPE: Quand j’étais athlète je voulais aller aux jeux olympiques ! C’était pour moi philosophiquement, socialement et humainement une fin en soi. Les rares manifestations universelles symboles de fraternité et d’émulation. Et pour cela il fallait travailler et encore travailler. Réussir à y participer a été pour moi au niveau personnel une immense satisfaction et motivation de poursuivre l'aventure en transmettant ces valeurs à mes élèves et plus tard à mes athlètes et aux nombreux coachs que j'ai formés durant ma longue carrière à l'Office fédéral des sports de Macolin. Etre curieux, dépasser ses limites, se lancer des défis ont toujours été des moteurs tout au long de mon existence.
Par contre je peux très bien concevoir que l’on ait des concepts très éloignés des miens et néanmoins être parfaitement heureux.


BP: Et le sport-business dans tout cela ?

JPE: Il est navrant de constater que certains sports, tel le football au plus haut niveau, ont été dévoyé. Les joueurs-tricheurs, l’agressivité des foules et des médias, les paris clandestins sont manifestement des symptômes des malheurs de notre temps. Mais je me dis : tout ce talent, tous ces efforts pour en arriver là, quel gâchis.


BP: La préparation physique de haut niveau est un domaine complexe faisant appel à des compétences multifactorielles : les techniques, méthodes et stratégies d'entraînement et de compétition, la biomécanique, la physiologie de l'effort, les évaluation et tests de performance, la psychologie et la préparation mentale, la traumatologie, la typologie, la nutrition et la régénération, les neurosciences. Quelle est la mission de ce professionnel ?

JPE: Tout cela pour arriver au jour J et à l'heure H au meilleur niveau de performances de l’athlète ou de l'équipe . Développer la performance sans prétériter la santé physique et mentale de l'athlète constitue le grand défi du coach et du préparateur physique .... et même penser à la préparation de sa reconversion.


BP: Au plus haut niveau le dopage des athlètes de pointe est comme un serpent de mer, il revient régulièrement d’actualité. On sait que nombre de records du monde obtenus à la fin du siècle dernier ne seront jamais battus car réalisés par des athlètes super-dopés. Tu as traversé toute cette période. Qu’elle est ton analyse.

JPE: A vrai dire j'ai été très naïf d'imaginer que l'introduction des contrôles de dopage inopinés constituerait la fin d'un problème épineux! Si de nombreux pays dont le nôtre ont réalisé un excellent travail aussi bien au niveau éducatif que "policier", on a vu resurgir les démons nationalistes d'alors. Si on ajoute le flou des fenêtres thérapeutiques qui semblaient être fermées depuis de nombreuses années et qui sont apparemment encore ouvertes aujourd'hui avec l'accord des plus hautes instances en matière anti-dopage, il reste un immense travail dans ce domaine et en particulier de se poser les vraies questions de savoir jusqu'où notre médecine de pointe peut ou doit servir la cause du sport de haut niveau sans atteinte à l'intégrité physique et psychique de nos sportifs d'élite presque tous professionnels aujourd'hui. Cette médecine doit-elle se concentrer sur la seule " réparation" de l'athlète où faciliter la réalisation des performances ? A l'heure où l'on parle de dopage génétique, il conviendra de choisir si on veut se servir du sportif pour "fabriquer un surhomme dans le but de concurrencer les robots!!!
A la veille de ma retraite d'entraîneur et de coach, je souhaite affirmer que si la question du dopage a toujours été une source d'inquiétude et de questionnement pour moi, le plaisir de travailler au quotidien avec des athlètes volontaires à la recherche de toutes formes d'excellence et surtout de contribuer à la réalisation de leurs rêves d'enfants ou d'adolescents, a toujours constitué ma véritable source d'énergie et ma motivation.


BP: Beaucoup ignorent que depuis pas mal d’années tu œuvres dans le coaching en entreprise avec un succès indéniable. De quoi s’agit-t-il ?

JPE: Etre entraineur, c’est aussi être organisateur, planificateur, rassembleur, motivateur, avec le souci du travail bien fait que je traduis par l'excellence et la performance. Tous ces aspects se retrouvent dans le monde du travail. Les vertus du sport sont aisément transférables.
Mes multiples expériences au sein de teams sportifs de haut niveau - en particulier l'expérience avec le team Alinghi, vainqueur de la coupe de l'America en 2003 à Auckland - ont confirmé l'importance qu'il convient d'accorder au coaching et au team building pour gagner les défis. Il n'y a pas de hasard lorsqu'on veut vivre ses rêves au lieu de rêver sa Vie ! Ma rencontre avec les entreprises a été une immense valeur ajoutée à ma carrière de sportif. Donner c'est aussi et beaucoup recevoir!


BP: Concluons ! Que peut apporter le sport à la jeunesse de notre pays ?

JPE: Les vertus cardinales du sport. Savoir gagner mais aussi et surtout savoir perdre, rencontrer les autres, de cultures et de langues différentes. Se surpasser, gérer ses énergies. Etre tolérant envers soi-même et les autres. En résumé VIVRE ensemble.

BP: C’était un honneur de pouvoir converser avec toi. Merci de tout cœur et bon vent !


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Préparateur physique

 

Odoo- Echantillon n° 2 pour trois colonnes

Coach

 

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Entraîneur