Veuillez rester sur la page
La confirmation de votre commande peut prendre un certain temps.
Merci de votre patience.
Contactez-nous si le temps de réponse dépasse 5 minutes


Hopp-la entre dans une nouvelle phase

Entretien avec Debora Junker-Wick

Une nouvelle phase commence pour le projet intergénérationnel «Begegnung durch Bewegung» (rencontre à travers l’activité physique), développé dans la ville de Bâle. Pendant les quatre années du projet pilote, une évaluation de suivi a permis de recueillir des informations sur l’utilisation, l’acceptation et la perception des offres. Dans l’interview qui suit, Debora Junker-Wick évoque les principaux enseignements tirés du projet et explique comment celui-ci va se poursuivre.

Entretien avec Debora Junker-Wick, propos recueillis par Claudia Kessler

 
 

 

CK: Debora, tu es directrice de la fondation Hopp-la, qui a conçu les aménagements dédié à l’activité physique et à la rencontre dans le Schützenmattpark de Bâle. Cette offre, qui bénéficie aussi d’un soutien de Promotion Santé Suisse, est à présent connue dans toute la Suisse parmi les actrices et acteurs de la promotion de la santé chez les personnes âgées. Quels sont selon toi les principaux résultats de la phase pilote?

DJW: Les offres de Hopp-la contribuent à développer une culture de l’activité physique intergénérationnelle dans les villes et les communes. Il s’agit d’apporter de la vie dans l’espace public au sein des différents quartiers, afin d’inciter jeunes et moins jeunes à faire davantage d’activité physique, et en même temps de les amener à se rencontrer. Il est donc question aussi bien de prévention comportementale que de prévention contextuelle. La vidéo diffusée sur notre site web permet de se faire une idée plus précise. Au cours de la phase pilote, un changement est intervenu dans l’orientation du projet. Désormais, nous nous concentrons de moins en moins sur l’infrastructure telle que nous l’avons mise en œuvre au Schützenmattpark de Bâle, mais davantage sur la question suivante: comment, à travers des offres facilement accessibles, donner envie à des personnes de différentes classes d’âges de faire de l’activité physique? Cette question est au cœur de notre vision «générations en mouvement».

Comme nous l’indiquons sur notre site web, nous avons élargi notre palette d’offres. Par exemple, notre nouvelle activité Hopp-la Tandem met en réseau plusieurs institutions: les enfants de structures de jour, écoles enfantines ou établissements scolaires se rendent régulièrement dans une maison de retraite ou un établissement médico-social. Cela permet des rencontres à travers l’activité physique entre jeunes générations et personnes âgées. Je souhaite aussi dire quelques mots au sujet de Hopp-la Parcours. Il s’agit là aussi d’un nouveau projet. Il se présente sous la forme d’un parcours qui allie activité physique et aventure, avec une histoire pour fil conducteur. Le parcours se compose d’installations Hopp-la, mais aussi d’une station nature ainsi que de plusieurs éléments permettant de développer l’équilibre et l’adresse. Des éléments ludiques encouragent à examiner plus attentivement les consignes liées aux exercices.

CK: Ce qui a débuté à Bâle est aujourd’hui de plus en plus demandé aussi dans d’autres régions. Où en êtes-vous actuellement concernant la multiplication de Hopp-la?

DJW: La fondation Hopp-la s’est fixé comme objectif de diffuser la philosophie Hopp-la à l’échelle nationale. Pour des questions de ressources, nous restons pour l’instant concentrés sur la Suisse alémanique. En dehors de la ville de Bâle, nous coopérons actuellement avec les villes, communes et cantons suivants: Laufon/BL, Lyss/BE, Baar/ZG, Jonschwil et Buchs/SG, Glaris/GL et Bühler/AR. Nous sommes en discussion avec d’autres partenaires. Sur la base de nos expériences recueillies en Suisse orientale, qui nous a servi de région modèle, nous élaborons actuellement une stratégie de multiplication nationale. Afin de bénéficier pour cette multiplication du plus grand nombre possible de professionnel-le-s qualifié-e-s, nous proposons désormais, en coopération avec Pro Senectute Suisse et la Fédération suisse de gymnastique (FSG), une formation continue esa de deux jours pour les responsables de cours: module esa Approfondissement / formation continue pour responsables de cours intergénérationnels – Hopp-la Fit.

CK: Quels sont les principaux enseignements (au sens de «lessons learned») que vous allez maintenant prendre en compte au cours de la prochaine phase?

DJW: Les résultats de l’évaluation le montrent: les offres de Hopp-la sont utilisées et suscitent beaucoup d’enthousiasme chez les utilisatrices et utilisateurs. Mais en ce qui concerne le transfert de la promotion de l’activité physique dans le quotidien des utilisatrices et utilisateurs, nous ne sommes pas encore là où nous voulions arriver. Nous avons appris que le travail de sensibilisation doit être amorcé le plus tôt possible, afin que le plus grand nombre de personnes possible se familiarisent avec le nouvel espace créé et les offres proposées. C’est pourquoi, lors de nouveaux projets, nous impliquons désormais dès le début les responsables au sein des communes et de la population. Ce n’est qu’ainsi que nous parviendrons à faire évoluer les mentalités dans la société. Nous intégrons désormais aussi dans nos parcours des éléments de la nouvelle campagne de prévention des chutes «L’équilibre en marche» (une campagne du bpa, de Pro Senectute et de Promotion Santé Suisse). Les personnes âgées peuvent profiter des offres quotidiennement, sans accompagnement. Elles reçoivent aussi des «devoirs», le but étant qu’elles mettent en pratique chez elles ce qu’elles ont appris. Au-delà des nombreuses autres leçons que nous avons pu tirer, je souhaiterais encore souligner une chose: des stratégies actives sont nécessaires pour réussir le transfert vers le quotidien. Cela ne se fait pas tout seul.

CK: Et maintenant, comment voyez-vous l’avenir pour Hopp-la?

DJW: Les communes et les cantons présentent des caractéristiques très spécifiques. Pour multiplier nos offres, nous les adaptons aux ressources et réalités locales. Nous n’avons donc aucun «produit standard» que nous transférons à un autre endroit par «copier-coller». Nous suivons les processus et donnons aux actrices et acteurs locaux les moyens d’agir. Nous recherchons avec eux et avec la population des solutions sur mesure que nous espérons voir se réaliser sur le plan local. Ce processus au cours duquel des idées sont élaborées en commun, indépendamment des questions d’infrastructure, est très créatif et donne lieu à des offres très variées. Tout est possible, à condition que cela corresponde au but de la fondation, à savoir la promotion de l’activité physique et de la rencontre entre les générations.

Odoo CMS- Exemple d'image flottante

CK: Pour terminer, une question personnelle: vu de l’extérieur, tu es un peu le «visage de Hopp-la». Pourrais-tu expliquer à nos lectrices et lecteurs comment tu es devenue – n’ayons pas peur des mots – une «pionnière» en matière d’approches intergénérationnelles dans la promotion de la santé?

DJW: Quand j’y repense, je me dis que ma grand-mère est probablement à l’origine de mon engagement actuel. Lorsque j’étais enfant, elle m’emmenait avec elle aux séances de gym pour seniors. Tout le monde était très enthousiaste. Quant à moi, j’ai certainement commencé à développer mon goût pour l’activité physique à ce moment-là. J’ai ensuite «tout naturellement» étudié les sciences du sport et du mouvement à l’Université de Bâle. Mon travail de Master avait pour thème la promotion intergénérationnelle de l’activité physique et de la santé, sous la direction du professeur Lukas Zahner. J’avais envie de travailler dans la pratique sur un sujet qui me permettrait de transmettre à d’autres mon goût pour l’activité physique intergénérationnelle, car c’est quelque chose qui «marche», comme j’avais déjà pu m’en rendre compte. Pour savoir comment j’ai eu l’idée de créer une fondation avec un secrétariat, on peut consulter notre site web.

CK: Debora, nous te remercions infiniment de nous avoir donné un éclairage sur la promotion de la santé intergénérationnelle. Espérons que le «virus Hopp-la» gagne rapidement l’ensemble de la Suisse.

L’entretien a eu lieu le 19.02.2019 et les propos ont été recueillis par Claudia Kessler, Public Health Services, à la demande de Promotion Santé Suisse. Nous remercions les intervenants de pouvoir publier avec leur accord cet article pour nos lecteurs.


www.hopp-la.ch


www.promotionsante.ch


Evaluation Pilotprojekt Basel

www.equilibre-en-marche.ch